“Gare au rebond de l’or, l’inflation va persister et l’ampleur de la dette est un soutien !”

Gare au rebond de l’or… et des sociétés de mines d’or, en Bourse, avertit notre chroniqueur Alain Corbani, gérant du fonds Global Gold and Precious chez Finance SA, qui juge que l’inflation devrait rester plus élevée que prévu et que les taux d’intérêt réels ne devraient pas s’envoler.

Sur l’or, il faut remettre les pendules à l’heure. La consolidation de l’once depuis le mois de mai est la résultante principale d’une hausse de la devise américaine et plus récemment, de la hausse des taux réels américains (qui sont passés de -1,2% à -0,88% ces deux derniers mois). De nombreux investisseurs institutionnels pensent que le scénario des années 2013-2015 va se renouveler (fin du troisième Quantitative Easing en octobre 2014). Leur raisonnement est simple : le tapering (diminution du rythme des achats d’actifs) et la reprise économique devraient pousser les taux nominaux à la hausse et l’inflation – étant transitoire (dixit la FED) – devrait impacter positivement les taux réels.

L’argument est séduisant mais uniquement en surface car il ne tient pas la route : en effet, l’inflation ne semble pas être transitoire mais persistante à l’opposé de 2013/2015 où les investisseurs craignaient la déflation. Jerome Powell l’a reconnu lui-même le 22 septembre en mentionnant une inflation “élevée et qui sans doute persistera dans les prochains mois”. La masse monétaire M2 a crû de 34% en 20 mois (dit autrement, un quart de toute la monnaie créée dans l’histoire américaine a été généré en 20 mois) alors que nous sommes dans la phase de décélération de la croissance économique. La dette américaine explose : de 110% à 130% du PIB en 2025 et 200% en 2050 selon le Congressional Budget Office.

Nous le répétons : cette configuration n’est en rien identique à 2013/2015 et les niveaux de dette ne permettront pas aux taux nominaux de croître (comme il l’ont fait en 2013 de 1,6% à 3% pour le 10 ans américain) ni au dollar américain de s’apprécier. Bien au contraire. Petite mise en bouche : les anticipations de croissance du PIB US publiées par la Federal Reserve d’Atlanta pour ce trimestre sont passées de 3,7% à 1,33% et les tous derniers chiffres de l’emploi publiés vendredi 8 octobre sont décevants. Gare au rebond de l’or et des mines d’or.

Source : Capital

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